Un dimanche à la campagne...

Alors il y  a un mystère dans cette région, chaque dimanche internet ne fonctionne plus... ça reprend le lundi vers 8h.

C'est encore arrivé hier ce qui explique le retard dans mon blog... La fameuse " Diagonale du Vide" n'est décidément pas une légende

Lorsque j’ai préparé mon voyage, je cherchais une activité qui me permettrait d’être au plus près de la nature et des animaux. J’avais bien repéré quelques fermes, mais les activités ouvertes au grand public ne commençaient qu’au mois de juin.

C’est finalement par hasard que je suis tombée sur le domaine de Vit Tel  Ta Nature, un espace de 15 hectares appartenant à la commune, qui propose à la fois des hébergements insolites et un parc animalier.

En parcourant leur site, j’ai découvert qu’ils organisaient, le dimanche 26 avril, une journée destinée aux particuliers souhaitant donner un coup de main pour l’entretien du parc. Il suffisait de venir avec des gants, un sécateur si possible… et de la bonne humeur. Je me suis inscrite sans hésiter.

Ce dimanche, je suis donc partie à la découverte de ce nouvel endroit. A la sortie de Contrexéville en direction de Vittel, l’accès est très simple : dès le rond-point, tout est bien indiqué. Il y a un grand parking, situé juste à côté de l’entrée du parc animalier.

Le parc est ouvert de 8h à 21h, afin  notamment de limiter les intrusions  d’une faune encore  plus sauvage… mais j’y reviendrai.

Je suis arrivée pile poil au moment du nourrissage des animaux et me suis jointe à une visite déjà en cours. Au programme : distribution de graines aux volailles, mais aussi aux chèvres, et de pain et de foin pour les ânes et les moutons. On y trouve également des lapins, des chinchillas, des cochons d’Inde…

Au fil de la visite, Cindy, la propriétaire qui gère le site avec son mari Mathieu, nous a raconté l’histoire du parc. Elle en a repris la direction il y a huit ans. À l’époque, le lieu était un peu laissé à l’abandon, sans véritable modèle économique ni encadrement solide.

Avec beaucoup d’énergie, elle a redonné une vraie direction au projet. Elle possédait déjà une ferme à titre personnel, ce qui lui donnait une bonne expérience des animaux.

Aujourd’hui, la majorité des animaux présents ont été recueillis après des parcours difficiles. Les lapins, par exemple, sont souvent issus d’achats impulsifs dans des familles qui finissent par ne plus "pouvoir" s’en occuper. Les animaux de basse-cour proviennent parfois de successions ou de départs en maison de retraite. Les ânes ont connu le même type de situation, tandis que les moutons, boucs et chèvres ont été sauvés de maltraitance.

Le parc recueille également des chats, qu’ils essaient toujours de placer au plus vite , surtout que le site ferme de novembre à mars.

Pour faire vivre l’ensemble, ils ont développé des hébergements insolites, inspirés de petites maisons de hobbits, louables à la semaine. De l’extérieur, cela paraît assez simple, mais j’ai pu en visiter une : c’est bien aménagé et surtout très agréable. Malgré la chaleur extérieure (26 à 27°C dimanche), l’intérieur restait frais. Dans une logique écologique, les toilettes sont sèches et les douches situées dans un autre bâtiment.

Nous étions une douzaine de bénévoles, dont plusieurs habitués. Les tâches étaient variées : nettoyage, tonte, désherbage, petites réparations… Pour ma part, j’ai choisi une activité liée au jardinage, le rempotage de salades et de jeunes plants.

J’ai effectué ma mission sous l’œil attentif de Jeff, 76 ans, ancien fromager. Il travaillait autrefois dans une fromagerie  concurrente d’Entremont, dont la fabrique est d'ailleurs à l'entrée de Langres. Il souffre aujourd’hui de sérieux problèmes de dos, liés au port répété de lourdes meules — parfois plus de 20 kg — qu’il fallait manipuler et retourner régulièrement. À son époque, tout se faisait encore de manière très artisanale.

Après l’effort, place au réconfort. Nous avons partagé un repas tiré du sac. J’avais apporté du fromage, du saucisson et du pain. L’ambiance était conviviale, les échanges faciles. Les autres bénévoles ont été surpris que je vienne de si loin, et encore plus que je rejoigne un groupe que je ne connaissais pas.

J’ai aussi reçu de nombreux conseils de visites pour la suite de mon trajet vers Strasbourg : Épinal, Dole, Saint-Dié-des-Vosges, Colmar… De belles découvertes en perspective.

J’ai en revanche fait l’impasse sur un événement qui se tenait au centre de Vittel : la fête de la grenouille, une spécialité locale liée aux nombreux étangs de la région. Le centre-ville étant paraît-il difficile d'accès à cette occasion, j’ai préféré rester au parc pour participer au goûter des animaux.

Le site est entouré de nombreux sentiers de randonnées et propose aussi des aires de jeux pour enfants, des espaces de pique-nique… L’après-midi, le parc a accueilli pas mal de visiteurs.

Pendant le déjeuner, la discussion a dérivé sur un sujet plus inattendu : le sentiment d’insécurité à Vittel et Contrexéville, qui semble préoccuper plusieurs habitants. Cela m’a surprise, car je n’avais pas eu cette impression  à  Bourbonne ou Luxeuil. Ce ressenti serait accentué ce week-end par la présence d’une fête foraine en périphérie, ainsi que par un grand nombre de caravanes installées à l’entrée de la ville, près d’un stade,
ça semblait une vraie crainte.

Alors à la fin, pourquoi les magnifiques vaches  même si dans la région elles  sont plus nombreuses que les habitants.

Parce que j'ai découvert un petit livret intitulé : "Calmes et sensibles, les vaches, les connaitre pour les comprendre". Cet opuscule est une mine d'infos et permet d'aimer encore plus ces ruminants, descendants directs des aurochs, leurs ancêtres préhistoriques  . L'espèce était d'ailleurs présente en France, dans les Vosges jusqu'au XIIème siècle où elle a été chassée par Charlemagne. L'homme a reconstitué la race en pratiquant une sélection à rebours. Dans ce livret on appréhende  leur mode social et leur mode éducatif et franchement c'est très instructif.

Un extrait  : "LES AFFINITÉS INDIVIDUELLES AU SEIN DU GROUPE
Un troupeau bovin n'est jamais une masse uniforme. Derrière l'organisation collective se dessinent des relations choisies, faites de proximités répétées, de préférences durables et d'habitudes partagées. Ces affinités individuelles structurent silencieusement la vie quotidienne du groupe.
Si le troupeau constitue un cadre collectif stable, il laisse place à une vie relationnelle individuelle riche et différenciée. Les vaches ne se lient pas indistinctement à tous les membres du groupe. Elles développent, au fil du temps, des relations préférentielles avec certains congénères, fondées sur la familiarité, la compatibilité comportementale et l'expérience partagée.
Ces affinités se construisent progressivement."...  La suite lors de ma prochaine conférence !

Détail : Les vaches agglutinées contre le grillage écoutent ma brillante explication sur la ligne de partage des eaux, Méditerranée versus Mer du Nord dont le panneau est situé face à leur champs.... ( je pense sincèrement qu'elles ne le savaient pas). Ce panneau se situe sur la D21 au niveau de la ferme de Bel Air, en claire, au milieu de nulle part...

 

 

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