Le goût de la cerise...

Aujourd’hui, comme la fatigue s’était un peu calmée, je me suis décidée à bouger — sans trop me brusquer quand même — direction Fougerolles, qui n’a visiblement aucun problème d’ego puisqu’elle se présente dès l’entrée comme le pays du kirsch. Au moins, c’est clair.

Il faisait déjà bien chaud en partant, autour de 23°, et en arrivant, le thermomètre de la pharmacie affichait 32° ce qui me paraît bien pour de l’alcool, mais peut-être un peu exagéré pour le fond de l’air…

Pour trouver un peu de fraîcheur, je me suis réfugiée dans l’église, où j’ai découvert une très belle chaire sculptée et peinte .

Le centre-ville se parcourt assez vite, donc j’ai poursuivi vers l’écomusée de la cerise, qui vaut vraiment le détour. On y découvre toute l’histoire de la production, De plus, je trouve qu'entre la culture de la fleur à Ollioules et la culture de la cerise pour faire le kirsch, à Feugerolles, et dans les environs, il y a beaucoup de similitudes.
Au début de la production de ce qui s’appelait encore de l’eau de cerise, on était sur 52 hl en 1744, pour arriver au plus fort de la production à 4000 hl d’eau de cerise en 1820 et 3600 hl de kirsch en 1868.
C’est en 1914. Que l’on atteint l’apogée de la production avec 2500 hl de kirsch, 20 000 hl de liqueur diverses et 55 000 hl d’absinthe. Cela a fait la fortune d’un grand nombre de famille de la région qui au départ étaient simplement des paysans, et qui grâce à cette production incroyable, ont vu leur vie changer et une certaine prospérité s’installer. Depuis la production est plus modeste avec même une crise dans les année 85/90,  et surtout la modification des habitudes. Détail culinaire le kirsch en plus de la fondue  est aussi utilisé en pâtisserie pour le gâteau Forêt Noire. 

L’arrivée du train a évidemment joué un rôle clé, permettant d’exporter massivement, y compris pendant la Première Guerre mondiale. Et puis, comme souvent, les modes évoluent : à partir de 1900, l’absinthe prend le dessus. A la mode dans toute la France, elle a d’abord été produite dans le Doubs à Pontarlier et du coup les distillateurs de la ville se lancent dans sa fabrication et se mettent à vendre huit fois plus d’absinthe que de kirsch. jusqu’à son interdiction en 1915, qui met un coup d’arrêt brutal à cet élan. C’est pour cela que l’histoire n’a pas retenu la place de Fougerolles dans la production française d’absinthe, et que la commune reste associée au kirsch.  Mais les distilleries ont aussi créé des alcools que l’on imagine  plutôt du   sud, ou du nord, avec un concurrent du pastis qui s’appelle Fap’anis ou bien le Peureux du nom de la famille qui le produit et il y a aussi une vodka produite en 1864 et qui s’appelait Perfect. Le musée qui permet de comprendre tout cela est sur une propriété qui a été donnée à la commune et qui était une ancienne distillerie. La promenade à l’intérieur des bâtiments permet d’ailleurs de mieux comprendre le processus et la photo des alambiques montre bien l’importance du site.

A la fin de la visite il y a la une d’un journal parisien qui exhorte les commerçants de boissons à défendre  leur gagne-pain . Dans le texte il y a une phrase,  on dirait presque du capitaine Haddock dans le texte : " De quel droit  ces amoureux transis de l'humanité, se permettent-ils de nous imposer   leurs boissons étrangères d'hôpital, pour remplacer les hygiéniques liqueurs, les nectars de nos pères.  De quel droit ces empanachés hydropiques,  ces pseudos  prince de la science, prétendent-t-il exterminer la plus importante branche du commerce français";
Je pense que ça a peut être influencé, si jamais il l’a lu, le dessinateur Hergé pour créer notre fameux capitaine porté sur la boisson.

Ensuite, direction Luxeuil. Le centre historique est petit, mais agréable, avec quelques beaux bâtiments. Détail un peu surprenant : la mairie est dans le prolongement de la cathédrale; de quoi mettre Jean-Luc Mélenchon en PLS tout comme le Café Français, une institution dans la ville...

La basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul mérite aussi la visite, notamment pour son orgue ancien et son intérieur très travaillé. J’aurais bien prolongé un peu, d’autant qu’il y avait des animations autour du  carnaval de Venise ce week-end, mais c'était en soirée.

 Du coup, j’ai opté pour une solution simple rapport à la chaleur, la première glace de l’année, puis un passage à la piscine thermale. Une fin de journée assez logique, finalement.

 

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