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Après ma première nuit bisontine, je suis arrivée la dernière au petit-déjeuner. Le résident se lève particulièrement tôt et le personnel a été obligé de déployer des trésors d’imagination pour me trouver encore quelque chose à manger … Demain matin, je serai à l’ouverture…


Plaisanterie mise à part, j’ai bénéficié d’une journée de rêve avec un soleil éclatant, tout le monde en chemise et tee-shirts et un thermomètre qui a même affiché 26° (Besançon comme Grenoble est une cuvette thermique… on y mijote doucement dès les premières chaleurs).
J’ai d’abord visité le centre historique avec la Cathédrale Saint-Jean et son horloge astronomique. Déjà, il faut la trouver dans la Cathédrale, surtout quand les portes sont fermées et que la dame, qui doit passer sa vie en église, vous explique qu’il suffisait d’appuyer là, de tourner là, et de pousser là. Et hop, la porte s’ouvre ! Le tout avec un accent franc-comtois adorable, qui donne presque envie de rester coincée dehors juste pour l’écouter.
Le seul détail, soigneusement oublié dans les guides, est le fait que depuis 2021, l’horloge astronomique est en panne… et que le coût de sa réparation est encore plus astronomique : 1 million d’euros. À ce prix-là, on espère qu’elle donnera aussi la météo et les résultats du loto.
Alors, ils ont placé une guide sympathique, enfermée dans la petite pièce qui abrite l’horloge, et pour qu’elle vienne ouvrir, il faut taper à la porte. J’ai failli lui demander un mot de passe… ou au moins un code secret digne d’un escape game.
Bon, au lieu du tarif habituel, cela ne coûte que cinq euros, mais j’en ai eu pour mon argent car j’étais seule lors de la visite. J’ai donc pu poser de très nombreuses questions et finalement j’ai passé plus d’une demi-heure sans avoir le sentiment de rater quelque chose — ce qui, pour une horloge arrêtée, est une belle performance. J’ai même pu en faire le tour avec sa bénédiction pour admirer le mécanisme. La seule chose qui m’a vraiment manqué, c’est que, comme dans d’autres cathédrales, à certaines heures, il y a des petits personnages qui s’animent et sortent à tour de rôle du sommet de l’horloge. Il y a notamment la résurrection du Christ à 12h et son retour dans le tombeau à 15h. Il a fallu la croire sur parole.


Je suis aussi passée par la maison de Victor Hugo où il n’a vécu que six semaines, puisqu’ensuite ses parents sont partis à Marseille. Autant dire qu’il n’a pas eu le temps de prendre l’accent. Alors il est vrai que le Franc-Comtois est doué pour surfer sur la vague de la célébrité : ici, on transforme six semaines en patrimoine national. Cela dit, ils ont choisi de valoriser tout ce qui concerne l’engagement de l’écrivain pour les droits et la liberté. Ça reste intéressant, mais pas indispensable.


Lorsque je suis sortie, c’est là qu’il a commencé à faire bien chaud, et autant dire que l’ascension vers la Citadelle a été particulièrement ardue. Bien sûr, il existe un parking situé juste devant l’entrée, mais cela aurait été trop facile. Alors j’ai entrepris de gravir les 200 marches qui vous amènent au sommet du promontoire. Disons que j’ai fait connaissance avec chacun de mes muscles… y compris ceux dont j’ignorais l’existence.
Et ensuite, une fois entrée dans la Citadelle, il faut encore gravir des marches pour accéder aux chemins de ronde et avoir en récompense une vue magnifique, rehaussée par le beau temps.


C’est un site sur lequel on peut passer la journée : il y a des endroits pour pique-niquer, des zones de repli si jamais il ne fait pas beau, un snack… bref, tout a été pensé pour accueillir un maximum de visiteurs. Et il est vrai que même si c’est un peu foisonnant, c’est cependant très intéressant et surtout un très bel hommage au génie de Vauban. On comprend pourquoi le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
La visite comprend le monument, le Musée comtois avec tout ce qu’on trouve dans un musée des Arts et Traditions Populaires, ainsi que le Musée de la résistance et de la déportation et le Museum Gardien de la biodiversité.


Pour compléter, il y a aussi un jardin, un moulin, un aquarium, un noctarium avec des insectes et des petits mulots (ambiance nuit garantie), une chapelle avec une fresque historique à 300°, un jardin zoologique avec notamment des kangourous roux (dit à voix haute, c’est encore plus rigolo… essayez, vous verrez). En fait, ils encouragent clairement à rester la journée — voire à s’installer définitivement.
Alors c’est sûr, j’ai bénéficié d’un temps exceptionnel, mais je pense que même par temps gris, le site est lui aussi exceptionnel.

Dernier détail spécial pour Robert  et Annick, j'ai la preuve en image que Vauban utilisait lui aussi les petites briquettes rouges de nos ruelles.

J’ai ensuite perdu un peu d’altitude pour aller visiter le Musée d’art et d’histoire qui possède une collection assez énorme, avec notamment une Descente de croix signée Rubens et un petit Renoir, et petite dédicace à mon beau-frère une explication sur les oppida.
J’ai apprécié de me promener dans les rues du centre-ville : c’est très propre, avec beaucoup de verdure. Dès qu’il y a un espace, il est planté. En revanche, il faut bien réfléchir au sens de circulation, surtout en voiture. Sans GPS, on doit tourner en rond pendant des jours — une sorte de visite guidée involontaire.
Ce soir, j’ai eu l’explication : ils ont eu comme maire un clone d’Anne Hidalgo, qui en l’espace d’une année, juste avant les élections, a totalement modifié le sens de circulation au centre-ville, en donnant la priorité au piéton, au cycliste et au passage du tram.
Si les habitants du centre-ville ont été ravis d’avoir moins de voitures, le Bisontin moyen qui habite les quartiers périphériques n’a pas apprécié, car depuis, les embouteillages sont en train de devenir légendaires — presque une attraction touristique.


Elle a payé le prix fort puisqu’elle a été battue, faisant perdre également à la gauche une ville qu’elle gérait depuis près de 100 ans. Comme quoi, toucher au sens de circulation, c’est parfois plus risqué que de toucher à l’histoire.
Pour compenser, de nombreux parkings aériens ont été mis en place, mais cela implique de faire un peu de randonnée avant d’arriver en centre-ville et surtout cela a un coût pour le visiteur. De fait, les commerçants se plaignent de la raréfaction de la clientèle (et on les comprend : entre le parking et la marche, il faut être motivé pour aller acheter une baguette).
Le nouveau maire a promis de régler le problème en quelques mois, ce qui semble un pari difficile à tenir.


Demain, je reprends le volant pour aller vers ce qui sera mon lieu de villégiature pendant 15 jours : Bourbonne-les-Bains. C’est à 2h de route de Besançon, je vais donc faire un peu de tourisme… 

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Commentaires

Annick Buisson Étienne
il y a 5 heures

Besançon est encore mieux sous ta plume que lorsque nous y sommes allés !
Si tu as la possibilité d’intercaler quelques photos dans le texte ce serait super. On aurait tout de suite l’illustration.
Quelle météo !